Le voilier ivre

Esquif toutes voiles dehors,

Le vent d'avril m'a prise en poupe.

Sur la quille de mes huit roues

Je pourfends les flots de la route,

Je dérive loin, loin du port,

Menée, malmenée par la houle,

Par des bourrasques forcenées.

Aucune amarre ancre ou grappin

Pour arrêter ma course folle.

L'étendue bistre des champs nus

Guette mon imminent naufrage.

Soudainement, spontanément,

(Osmose? symbiose grandiose?)

Etourdie, enivrée, j'exulte:

Je deviens marée, je déferle,

Je suis ressac,

Lame de fond,

Un maelstrom,

Une hurricane,

Un tsunamiiiiiiii!