West Hill, Mars
(Ricochets)

Les ruisseaux en loquaces cascades
Déversent leurs multiples chants par les champs.

Inconscient, un rouge-gorge se gorge
De clair soleil sous l’oeil
D’un chat la patte en l’air en l’herbe.

Un troupeau de jeunes biche broutent et s’ébrouent,
Font une lente ronde, autour d’un silo isolé.

Une rainette épanouïe, en grand danger rangée
Au milieu de la route, écoute
Un chien qui loin dans les bois aboye aboye.

Une ancienne étable sous les nouvelles frondes effondrée
Cache parmi les arbustes ses robustes
Poûtres écroulées sculptées à coups nets d’herminette:
Entailles de taille,
Blessures qui assurent
Pour le vieux charpentier une immortalité délimitée.

Une fumée, grisaille de broussailles
Qui brûlent, suivant le vent,
A l’horizon languissamment s’étire et vire.
D’un arbre encore noir, nue, la plus haute branche flanche
Sous le poids d’un corbeau qui magistralement se pose, morose,
Et contemple un écureuil en fuite, ensuite.


Le printemps, enfin, lentement ourdi, sourdit!
Et dans les fossés délaissés,
Percent, minuscules, téméraires, héroïques: les colchiques.