Réflexions sur la cryptographie
À cause du rôle prominent que l'Internet et le Web commencent à
jouer de nos jours dans la vie quotidienne, les méthodes employées pour
protéger et cacher l'information transmise par ces réseaux deviennent de
plus en plus importantes. Il n'y a pas que le gouvernement qui a intérêt à
se méfier des espions. Beaucoup d'entreprises et de fabricants voudraient
protéger leurs secrets des autres entreprises, et aux États-Unis au moins,
ceux-ci ont le droit de se protéger même des yeux des organismes
gouvernementaux, au nom de la liberté de la parole, et du droit à l'espace
privée.
Le débat sur l'encodage est un peu compliqué. Les codes que l'on
utilise pour protéger l'information sont appelés des "clefs." Aux
États-Unis, il y a une loi disant que si une entreprise veut contrôler ses
documents avec une clef plus longue qu'une certaine longueur (à peu près 56
bits), leurs documents ne peuvent pas être transmis à l'étranger. Cette
règle aide les gouvernements à surveiller tous les renseignements (peut
être les modes d'emploi pour construire une bombe,par exemple) qui sortent
du pays. En revanche, cette situation est affreuse pour les entreprises,
ou pour n'importe quel citoyen voulant vendre quelque chose par moyen de
l'Internet à l'étranger, parce que la seule option qui lui reste est
d'utiliser les clefs courtes, qui n'ont pas de garanti de sécurité. C'est
à dire, avec les clefs courtes, si on commande un disque d'un fabricant
d'un autre pays, on risque d'exposer ses numéros de cartes de crédit, sa
date de naissance, son numéro de sécurité sociale, et cétéra. Les
entreprises comme RSA (http://www.rsa.com) ont peur que ce risque va mettre
fin à tout commerce international à travers l'Internet, ce qui sera un
problème quand les gouvernements d'autres pays permettent l'usage de ces
clefs longues.
En tout, la concurrence entre pays est le problème autour duquel ce
débat se centre. Aux États-Unis les entreprises privées sont en train
d'accumuler leur élan en faisant une pression intense sur le gouvernement
avec des groupes grands et puissants de fabricants qui demandent leur droit
constitutionel à la liberté de la parole. Alors qu'en France, selon
l'article de France-Amérique, le gouvernement central paraît garder une
semblance de contrôle sur le marché national, en constatant que la sécurité
nationale est toujours plus importante que le commerce international.
Le plus intéressant, à mon avis, sera les nouvelles lois mises en
place par l'Union Européene, et le type de réaction qu'auront les
entreprises américaines. Avec la vitesse du progrès technologique on
pourrait dire que le monde se rétrécit. Au contraire, la situation de
l'encodage sur l'Internet prouve que plus on est proche, plus on est loin
de laisser tomber les barrières, et plus les idéologies traditionelles des
pays jouent un rôle important dans la manière dont on fait face aux
questions que posent la technologie.
Sharon Naomi Chaitin