Quelques soirs de la semaine dernière, je me suis baladée sur la plage, le ressac faisant des tourbillons autour de mes pieds, le coeur heureux parce que j'étais encore proche de la mer. J'ai habité pendant onze ans dans une petite ville à côté de la mer, et, malgré que j'ai habité au Nevada pendant huit ans, la mer me manque encore. Je me suis demandé pendant que je marchais pourquoi j'ai un tel grand amour pour la mer. J'ai trouvé trois raisons: mes bons souvenirs de la plage, la puissance de la mer qui en même temps m'effraye et m'intrigue, et les belles créatures de la mer qui me charment.
Beaucoup de mes souvenirs favoris de mon enfance sont ceux des journées que j'ai passées sur la plage. Le 4 Juillet était une journée comme ca. Le matin, j'ai bâti un beau château de sable-- il y en avait un grand concours, et presque tout le monde a recu un prix. A midi, la plage était pleine d'odeurs délicieuses, parce que des vendeurs de scones, de hotdogs, de glaces, se sont installés là pendant cette fête. Et quand la nuit est arrivée, la ville entière était assise sur les petites collines en haut du sable. Là, tout le monde a regardé le feu d'artifice explosant dans le ciel noir, les tisons tombant vers la mer.
Je me souviens aussi des soirs de mes vacances en Caroline du Nord quand je suis allée à la plage avec mes cousins. Nous y sommes allés avec des lampes de poche et des revolvers à eau, et nous avons cherché les petits crabes qui habitaient dans la sable. Quand nous en avons trouvé un, nous avons jeté de l'eau au pauvre crustacé, qui a trottiné rapidement vers son petit trou.
Je me souviens de l'odeur aigre des poissons qui a envahi les plages de Tijuana, ou je suis allée avec d'autres jeunes de mon église. Là, j'ai vu des petits baraques faites de bois ou des gens vendaient du maïs, des poissons, des glaces, des ananas, ou des hamburgers. Il n'y avait jamais beaucoup de gens sur la plage-- seulement quelques enfants riant et leurs mères. Alors, j'étais choquée par l'opulence que j'ai vu, quand, en revenant du Mexique, nous sommes allés à la plage de La Jolla en Californie. Au lieu des baraques, il y avait des boutiques qui vendaient des bijoux, des oeuvres d'art, et des vêtements de haute couture; au lieu des petits enfants, la plage était couverte de "yuppies." J'étais frappée par la grosse richesse que nous Américains possédons, et que nous oublions souvent que nous avons.
Oui, j'ai beaucoup de bons souvenirs de la plage, mais ça n'explique pas complètement mon amour pour la mer. La mer n'est pas seulement un endroit où on peut s'amuser-- elle est unique parce qu'elle est puissante et dangereuse, et je crois que son danger est une partie de son attrait.
Quand j'étais très petite, mon père m'a instruit très bien que je dois respecter la mer, et quand je nage dedans, mon enthousiasme est équilibré avec un peu de peur. Les mêmes ondes qui peuvent m'emporter sur mon "boogie board" jusqu'à la plage peuvent aussi me renverser et me donner des meurtrissures. C'est trop facile d'oublier que la mer dans laquelle j'aime nager est aussi la mer qui a fait sombrer des bateaux innombrables-- à la vie fragile des humains, la mer est toute indifférente.
J'ai vu la mort la première fois à côté de la mer. Un homme et son frère nageaient, et soudainement ils ont paniqué parce qu'ils ne pouvaient plus flotter sur l'eau. Un petit garçon âgé de 13 ans a lancé sa planche de surf à un des hommes, et il a sauvé sa vie. L'autre homme n'était pas si fortuné-- il était sans connaissance avant que les gardiens de plage l'aient saisi. Les infirmiers ont tout essayé pendant une heure, mais ça n'a rien fait. J'étais étonnée que les meilleurs efforts des hommes n'aient eu aucun effet contre la puissance implacable de la mer-- belle et mortellement dangereuse, elle est vraiment une "femme fatale".
Malgré qu'elle peut tuer facilement, mon impression principale de la mer est qu'elle est une source de la vie. Elle cache dans soi-même un autre monde, un monde dynamique et fluide, peuplé par des créatures très étranges pour nous qui habitons sur la terre ferme. Je pense que le monde mystérieux de la mer est son dernier charme pour moi. Quand j'avais six ans, je suis allée à la plage avec ma classe, et nous avons regardé les flaques laissées par la marée. J'étais ravie par les belles étoiles de mer, les anémones colorées, les vers bizarres, et les mollusques qui se sont collés sur les roches. J'aime aussi les oiseaux qui habitent près de la mer-- pas tant les mouettes, mais les albatros et les pélicans. Quand j'ai nagé dans l'Atlantique en Caroline du Nord, des petits crabes m'ont pincé les orteils, et il y'avait une méduse qui a glissé sur ma jambe. Un fois, j'ai nagé au milieu d'un banc de poissons, et si je me réveillais avec l'aube, je pouvais nager très proche aux dauphins. La mer est si pleine de créatures merveilleuses, elle est presque une créature vivante soi-même-- les battements de son coeur sont les ondes qui battent la côte, son sang est l'eau salé, ses haleines sont les marées, et ses enfants sont toutes les créatures qui se cachent dans sa profondeur.
J'espère que j'ai expliqué un peu mon grand amour pour la mer. Elle m'amuse, elle m'épouvante, elle m'intrigue, et elle m'enchante. J'espère qu'il ne sera pas trop longtemps avant que je puisse la revoir...
Aimee Baumann